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La Nouvelle Finance › Presse
Olivier Forgues, les marchés actions font preuve d'une grande volatilité en raison des craintes qui hantent les investisseurs. Selon vous, la dette de la Grèce constitue-t-elle un réel danger ?
Non, pas du tout. Tout d'abord, il faut relativiser. Je ne suis pas certain que le déficit de l'Union Européenne soit plus impressionnant que celui des Etats-Unis. Ensuite, je rappelle que la Californie est en faillite depuis 3 ans, qu'elle est obligée de vendre ses immeubles pour gagner de l'argent et que cette donne n'a pas affecté Wall Street. Ensuite, effectivement, la dette grecque peut constituer un risque systémique mais en réalité je ne crois pas un abandon de la Grèce par les pays de l'Union. Par contre, cette problématique affecte l'euro mais, au final, cette situation sur le marché des changes arrange bon nombre d'intervenants, à commencer par les politiques et les entreprises exportatrices.
Pensez-vous que la reprise du dollar face à l'euro va se poursuivre ?
Je crois beaucoup en la baisse de l'euro. Même si la parité euro/dollar ne va pas revenir à l'équilibre, je pense que l'euro peut tomber assez rapidement dans une fourchette comprise entre 1,15 et 1,20 dollar, un mouvement soutenu par le fait que la Fed remontera ses taux d'intérêt avant la BCE. Les Etats-Unis ont été les premiers à entrer dans la crise et ils seront les premiers à en sortir.
L'autre sujet d'inquiétude sur les places financières est la solidité de la reprise économique. Un scénario de rechute est-il envisageable ?
Je ne m'attends pas à un scénario en W, c'est-à-dire avec une rechute pour la simple raison que les Etats ne laisseront pas repartir la crise, eu égard aux montants qui ont été dépensés pour en sortir. Néanmoins, mon c?ur tangue entre croissance molle et forte. Pourquoi ? Parce que tous les acteurs anticipent une croissance molle en raison du chômage. Mais il ne faut pas oublier que le marché du travail est un indicateur retardé. Les résultats des entreprises cotées sont très bons et 70 % d?entre elles ont dépassé les attentes du marché. C'est exceptionnel. La conjoncture se reprend assez vite. Je pense que la croissance sera plutôt forte. C'est un pari osé. Cependant, il faut être optimiste. Si le dollar continue de se reprendre et les résultats des entreprises s'améliorent encore, nous allons entrer dans une période d'embauche et de reconstitution des stocks. Quant aux marchés actions, je pense qu'ils seront aussi soutenus par une vague de fusions-acquisitions.
Si vous anticipez des opérations de croissance externe, cela signifie que vous jugez les valorisations plutôt attractives ?
Il est vrai que les places financières se sont sensiblement reprises depuis leur point bas. Mais les marchés ressemblent à un élastique. Lorsqu'il est vivement tiré vers le bas, il repart aussi vite. Certains opérateurs ont manqué le rebond. Toutefois, le marché n'est pas pour autant cher aujourd'hui. Je suis toujours étonné de voir des entreprises hésiter aujourd'hui à faire des opérations de croissance externes alors qu'elles étaient prêtes à s'endetter pour acheter leurs concurrents il y a trois ans. Certes, les bénéfices ont fondu. Néanmoins, hormis l'automobile et les bancaires, l'économie ne se porte pas trop mal. Je m'attends à une vague d'OPA ou d'OPE chez les industriels.
Vous estimez donc que le rebond boursier n'est pas terminé ?
La Bourse est encore décorrélée de l'économie. Je crois que le CAC 40 peut atteindre, d'ici la fin de l'année, 4200 points en cas de croissance molle et plus si le scénario optimiste se confirme.
Pouvez-vous citer quelques valeurs que vous aimez bien actuellement ?
Hermès, Groupe Eurotunnel et Wendel? Hermès a eu un parcours sans faute, y compris pendant la crise. Le groupe offre une croissance régulière. C'est une vraie valeur de fonds de portefeuille. C'est vraiment, à mon sens, l'un des plus beaux dossiers avec des chiffres toujours au rendez-vous, une croissance tournée vers l'Asie et le Moyen-Orient. Hermès est très bien positionné et reste sur son c?ur de métier, le luxe. L'action peut atteindre 130 euros.
Eurotunnel a connu une année difficile avec l'incendie du tunnel sous la Manche qui lui a fait perdre une partie du trafic camions?
Oui mais Eurotunnel, c'est plus que le tunnel sous la Manche. Eurotunnel, c'est aussi du fret, des rails, des concessions pour des lignes intérieures en Grande-Bretagne. Ensuite, sur le tunnel, le trafic passagers se porte bien. Par ailleurs, son patron Jacques Gounon est un bon capitaine d'industrie. Je crois que la progression du titre va se poursuivre.
Dernière valeur, Wendel. Pour vous acheter Wendel, c'est acheter Saint-Gobain ?
Pas seulement. Si Wendel est la maison-mère de Saint-Gobain, elle a aussi d'autres participations. C'est un formidable outil de diversification pour un portefeuille actions. Enfin, cerise sur le gâteau, Wendel se paye en Bourse avec une décote de 20% sur son actif net réévalué. Wendel perd encore près de 80% sur ses plus hauts historiques alors que Saint Gobain ne perd plus que 57% par rapport à son niveau le plus élevé. Cherchez l?erreur pour un véhicule d?investissement diversifié.


La concurrence devient donc rude pour les acteurs traditionnels des FIP et FCPI
-dont le délai d’investissement a aussi été réduit cette année à 18 mois-
qui pourtant continuent à croire à ses produits et particulièrement aux FIP.
Trois anciens banquiers privés d’UBS ont créé l’an passé La Nouvelle Finance, qui propose donc cette année un FIP LNF Ouest Emploi Export 2010.
« Nous nous démarquons de nos concurrents en proposant aux PME du Grand Ouest de les aider à se développer commercialement en Chine »,
assure Yann-Eric Pin (photo ci-contre), gérant au sein de LNF.